juil. 06, 2015

De l'art de faire du tri dans ses tiroirs (et dans sa vie)

rupture, passé, fin,

 

 

 

 

Un vent doux disperse savamment les effluves suaves du chèvrefeuille et de l’hibiscus jusqu’à moi tandis qu’un soleil câlin caresse ma peau pour la dorer : point de canicule, aujourd’hui. Je respire !

 

Se reposer au Soleil ou écrire à l’ombre, qu’importe : c’est un temps à vivre dehors ! Un temps à ne rien faire ou si peu. Profiter, le reste peut attendre...

 

Ce n’était pas prévu. Je peux affirmer que c’est par hasard que j’ai ouvert un certain tiroir, celui que j’ouvre n’ouvre jamais, car il n’y a rien d’important pour la vie de tous les jours, c’est celui où je range l’inclassable qui sommeille de contentement d’être tout simplement présent, ici, dans ma maison sans réelle raison d’être, sauf peut-être celle d’exister, sorte de mémoire mise en parenthèse et qui vit en arrière-plan…

 

Pourquoi ai-je tiré ce tiroir ?

Pourquoi aujourd’hui ?

Pourquoi pas ?

 

J’y ai retrouvé des vestiges de l’enfance : des perles à enfiler de toutes les formes (tant que ça ?), du papier fin de toutes les couleurs, de la feutrine, et... un tas impressionnant de photos non triées ! En y regardant de plus près, elles dataient de 1990 jusqu’à une dizaine d’années.

 

Une autre vie. Mon ancienne vie.

 

Parfois, on engrange des souvenirs dans un coin de la tête comme on range des objets hétéroclites dans une caisse au grenier. Le passé reste ancré dans le présent empêchant d’aller de l’avant.

 

J’ai emporté le tout à l’ombre. Moi et le parfum sucré de mon coin préféré, avons observé attentivement un à un les clichés, mettant de côté ce que j’estimais nécessaire pour la mémoire de la famille, pour moi et pour mes enfants, déchirant allégrement, sans une once de regrets ce qu’il n’y avait plus raison d’être…

 

J’ai découvert avec surprise des moments complètement effacés de mon esprit comme si une autre personne les avait vécus à ma place : était-ce bien moi sur cette photographie ? Était-ce bien moi qui avais pris cette seconde jugée inoubliable à l’instant précis où mon appareil capturait ce fragment déjà clos ? Cela avait donc si peu d’importance au point de l’avoir oublié ? Occulté, peut-être ?

 

Et voilà, aujourd’hui, le passé est remonté à la surface le temps d’un parfum enivrant. Stupéfiant !

Pour certains clichés me concernant exclusivement, je me suis posé la question : ce moment a-t-il eu de l’importance dans ma vie ? En a-t-il actuellement ? En aura-t-il un jour ?

 

Si l’on pouvait effacer certaines blessures comme on déchire une photo, ce serait trop facile ! Bien que, ma foi, le temps guérit de tout. Et encore, y glisser l’indifférence rend la circonstance oubliable. Parfois.

 

J’ai procédé à un sacré tri ! Il me semble avoir récupéré de l’espace vital dans mon existence ! C’est simple, je l’ai défragmentée ! J’ai mis aux oubliettes ce que j’ai jugé inintéressant ou inutile dans ma vie d’aujourd’hui. Certains moments sont définitivement enterrés, morts. Ils restent dans le passé à jamais et n’ont plus aucune place à ce jour : j’en avais déjà conscience, mais procéder à une "déchirure" de ce passé révolu est devenu un acte symbolique ! Un trait définitif. Ultime. Sans aucun retour possible en arrière. Jamais. 

 

Un « au revoir » définitif à un pan de mon histoire. Remercier pour ce qui a été réalisé et être soulagée de ce qui ne sera plus jamais.

 

Pourquoi n’ai-je donc pas trié ces souvenirs plus tôt ? Pourquoi aujourd’hui ? Pour comprendre la valeur du présent ? Ne pas regretter – jamais ! – le passé ? (Dieu m’en garde !) Appréhender avec confiance l’avenir ? Probablement.

 

Le temps est venu de dire adieu à certains souvenirs, certaines rencontres qui n’ont plus raison d’être, de fermer la porte et d’avancer tout simplement aux côtés de ceux que j’ai décidé pleinement d’aimer et de laisser m’accompagner dans cette vie.

 

Quant aux moments de bonheur, pas besoin de les trier, ils sont ancrés dans mon âme, inscrits à l’amour indélébile. Ils figurent aussi en bonne place dans mes albums photo à vue dans le rayon de ma bibliothèque, en bonne place comme tout ce qui est important pour moi…

 

Bilan de cette journée : comme je suis heureuse d’être ce que je suis aujourd’hui ! Comme je suis heureuse d’avoir pris à un moment donné de ma vie des décisions difficiles, mais combien salutaires !

 

Le passé fait ce que nous sommes aujourd’hui et le présent ce que nous serons demain. Alors, je me dis tout simplement que j’ai confiance. En moi. En les jours qui viennent. Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Il n’y a vraiment pas d’heure pour décider faire le tri !

18:16 Écrit par Rachel Colas dans Articles, Prise de conscience, Rêvéaliste ? | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | | Pin it! | |

Les commentaires sont fermés.